Contexte historique pour comprendre le conflit en RDC

Enfant soldat RDC

Depuis 1996, la République démocratique du Congo (RDC) est en conflit. De 1998 à 2003, la RDC a été le terrain de ce que certains appelèrent la Première Guerre mondiale (ou continentale) africaine. Après 2003, il y a bien eu quelques accalmies, mais le conflit ne finit plus de faire des victimes. Jusqu’à présent, le conflit congolais aurait fait plus de 5 millions de morts. La mission des Nations unies (MONUSCO) semble quasi impuissante à arrêter la violence et la communauté internationale peu intéressée à intervenir davantage.

Pour comprendre ce conflit, il faut remonter au génocide rwandais en 1994. Deux peuples vivent sur le même territoire et après la décolonisation du Rwanda, ce sont les Hutus qui prennent le pouvoir aux Tutsis. Avec un grand ressentiment envers les Tutsis qui étaient privilégiés par les colons belges, les extrémistes hutus profitent de l’attentat perpétré contre le président rwandais pour accuser les Tutsis, pris pour des boucs émissaires depuis des années. La population est manipulée et les extrémistes organisent le nettoyage ethnique, décimant près de 800 000 Tutsis. Ces événements causent des milliers de réfugiés qui fuient le Rwanda vers le Zaïre (le Zaïre fut rebaptisé RDC en 1997), en particulier vers la région de la ville de Goma. Parmi eux se trouvent plusieurs génocidaires (hutus) : des dirigeants qui avaient orchestré le génocide qui avait tué sans état d’âme au Rwanda, mais également des tutsis. En RDC, ils prennent rapidement le contrôle des camps de réfugiés d’où ils planifient de reconquérir le Rwanda.

Le major-général, Paul Kagamé, à la tête du Front Patriotique Rwandais (FPR) et le Président de l’Ouganda Yoweri Moseveni, voyaient en ces éléments génocidaires  une menace importante pour leurs pays. Dès décembre 1996, une intervention militaire rwandaise règle le problème, mais les troupes restent au Zaïre. Confiants, les attaquants rwandais optent pour un autre objectif : changer le régime du Président Mobutu. Laurent-Désiré Kabila s’empare de la capitale Kinshasa en 1997 et remplace Mobutu. Cependant, une lutte de pouvoir s’engage quand Kabila cherche à se débarrasser de ses “maîtres” rwandais qui l’avaient mis en place. Cela dégénère dans la violence. En 1998, les alliances régionales africaines s’activent par automatisme, entraînant des actions militaires qui durent près de 5 ans.

L’un des problèmes majeurs est que les armées africaines demeurent semi-professionnelles et manquent de moyens. Dans ce contexte, la guerre prend une tout autre forme. Les miliciens peu disciplinés sont recrutés comme auxiliaires de l’armée. Les trafics et prédations économiques et les spoliations deviennent les moyens privilégiés de financer la guerre. Par conséquent, la guerre devient particulièrement cruelle pour les populations civiles et, de par sa nature, spécialement difficile à arrêter.

Le Bureau du HCDH en République démocratique du Congo (RDC) a été créé en 1996 au milieu d’un conflit entre la RDC et certains pays voisins. Trois années plus tard, la RDC, l’Angola, la Namibie, le Rwanda, l’Ouganda et le Zimbabwe signent l’accord de cessez-le-feu de Lusaka et le Conseil de sécurité crée la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). Depuis lors, le Bureau du HCDH dans le pays exécute ses activités en collaboration étroite avec la Division des droits de l‘homme de la MONUC. En 1999, le HCDH a ouvert un bureau sous-régional dans la ville de Goma, dans la partie orientale du Congo. Actuellement, le HCDH en RDC se livre à un processus d’intégration avec la Division des droits de l’homme de la MONUC.

Malgré un cessez-le-feu en 2003, qui marque la fin de la guerre officielle, la communauté internationale interprète la situation congolaise comme une situation post-conflit. Cependant, la violence continue et demeure présente encore aujourd’hui, particulièrement dans l’est du pays où les diverses milices ont été très actives. C’est ainsi qu’on entre dans une autre phase du conflit, alors que les alliances changent, les milices se multiplient et leurs appuis régionaux sont redéfinis.

La violence n’est pas motivée uniquement par des causes nationales et régionales (c’est-à-dire au niveau de la région des Grands Lacs), mais par des conflits locaux à propos des ressources, des terres et du pouvoir politique. En effet, la région du Kivu, à l’est du pays, est réputée pour ses nombreuses ressources minières. La RDC est le premier producteur de cobalt, matériau présent dans tous nos téléphones portables. Ces ressources sont aujourd’hui contrôlées par les milices armées. Les villageois, les chefs traditionnels et administratifs locaux et les leaders des milices ont tous des intérêts qui s’entremêlent aux enjeux nationaux et régionaux. De plus, ces leaders locaux ont depuis longtemps appris à instrumentaliser les efforts humanitaires internationaux à leur avantage, avec parfois de graves conséquences.

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